9. Enfilats a la roca Garrofera

Vinyeta 9

Figura

Oca (2). L’existència.

Títol

Conté la cadena fònica “oca”.

Lema

Planta dels peus = Indústria fètida.

Poema model


                                                      — à l’heure où les talons
De tout bon estomac sont la place attitrée, —
Souvent, près d’un rôti, par la porte vitrée1,
On voit se mettre en croix (((tandis que le patron
((((Quelque spécialiste en fait de bonne chère,
Qui frémirait de voir un fruit d’espèce chère
Subir l’attouchement d’une lame d’acier)))),
Sachant que l’homme porte, avisé besacier,
Dans une poche ronde à souhait qu’il croit plate,
Ses personnels défauts derrière l’omoplate
((((Dès que l’homme, au surplus, pour avoir ausculté
(((((Comme on fait d’un jeune être à qui la Faculté
A défendu l’amour et la fenêtre close
En le trouvant miné par la tuberculose,
Qui, dure aux jouvenceaux, respecte l’âge mûr)))))
Pendant qu’on l’épluchait telle porte ou tel mur
(((((Gardons-nous d’oublier qu’en effet la voix porte
Au delà d’un mur mince, au delà d’une porte ;))))),
Voit tout nus ses défauts, ses tics, ses appétits,
Par ses yeux complaisants ils sont rendus petits
(((((Tels : — l’ombre, vers midi, sur le cadran solaire,
Montrant que l’estomac réclame son salaire ;
— Par le gel, le niât-on, le mètre étalon ;
— Défiant la crotte un retroussé pantalon ;
— Un journal sur la planche à trou d’un édicule ;
— La botte à retaper dont le talon s’écule ;
— Ce qu’attentif décoiffe à coups d’ongle un rabbin ;
— Lorsqu’il met le couvert la pile d’un larbin ;
— Mû par un barbier, un dossier de fauteuil tiède ;
— Le mètre, au réveil, qu’un soldat ancien possède ;
— Juliette, au gala d’Éjur, et Roméo
Par deux mimes enfants faits gratis pro Deo ;
— Le fer vaincu qu’en scène un preux rompt sur sa cuisse ;
— Le pain qu’en salivant guide à la messe un suisse ;
— L’asperge au rancart mise après le coup de dent ;
— Quand sert la bêche, un ver à mortel accident ;
— La canne à dard demi-nu quand fausse est l’alerte ;
— Le trop haut pupitre à musique fraîche ouverte ;
— Quand pousse un pianiste enfant, son siège à vis ;
— L’âgé calendrier-bloc, corpulent jadis ;
— La suspension qu’on remise après la soupe ;
— La bande de papier postal lorsqu’on se coupe ;
— La tache attristant la glace où l’haleine a pris ;
— Au premier éclair qui compte, la voile à ris ;
— La table après un grand dîner réarrondie ;
— L’arche où monte, agressive, une eau qu’on étudie ;
— Au puant souffle à but du fumeur, l’amadou ;
— La queue à bout neuf en sang du jeune toutou ;
— Quand le dressage agit, l’oisif bout de gourmette ;
— Quand sa tête arrive à choir, l’éteinte allumette ;
— L’ouvert tube à demi plat qu’enroule un rapin ;
— Quand, mûr, son bouton part, l’élastique à pépin ;
— Quand le lit prend sa place au berceau, la ruelle ;
— Le pissenlit qu’exprès l’haleine atteint, cruelle ;
— Ses pointes faites, la ballerine à clinquant ;
— L’acte interprété par maître X… d’un délinquant ;
— Quand l’arroseur cède à la soif, le jet de lance ;
— Le fil qui par l’aragne escaladé balance ;
— Au bord d’un tapis vert un honnête magot ;
— Un cigare réduit à l’état de mégot ;
— Le disque du soleil dans le ciel de Neptune ;))))),
Comme si, choisissant la seconde opportune,
Un ensorcellement eût su le rendre enclin
A prendre :

____________________________________________________

1. Si l’homme, pour bâtir, n’usait que de cristal
      (Tel l’intermède ami qui coupe un récital,
      Une note distrait, donne un peu d’insomnie),
      Il frapperait à mort plus d’une calomnie
      (Et le soleil, enfin, éclairerait les cours !) ;
      Combien continueraient, toutefois, d’avoir cours !
      Celle entre autres, hélas ! qui consiste à prétendre
      (Bien que, sans contredit, même en son âge tendre,
      La vieille humanité n’ait jamais vu son dos)
      Que la lune (ce monde où règne le repos,
      Où nul zéphyr ne souffle, où nul volcan ne jongle,
      Monde dont nous portons à la base de l’ongle
      — Sans soupçonner à quoi, tel qu’il est, il nous sert —
      ((Mais à quoi sert le lac qui nous leurre au désert,
      Nous faisant espérer la boisson et la pêche ?
      A quoi notre frisson au vu de la dépêche
      Dont nous ne déchirons la bande qu’en tremblant ?))
      Un timide portrait réduit mais ressemblant,
      Décoratif surtout présenté par le pouce,
      Monde récalcitrant où nul germe ne pousse,
      Vu qu’il n’a pas en tout, sur lui, ce qu’il faut d’eau
      — Là, point de naufragé priant sur son radeau
      Ni de pays portant le nom de Finistère —
      Pour baptiser, pour peindre ou pour prendre un clystère ;)
      Agit en satellite éminemment poltron.

Raymond Roussel.
Continuació del poema model 5.

Nota

L’oca de la vinyeta està inspirada en un animal que apareix al llibre Le Poème de l’angle droit, de Le Corbusier (Paris, Tériade, 1955).

Le Poème de l’angle droit

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